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M-1

Un mois tout pile avant le départ, les émotions ont évolué, alterné, voici où nous en sommes ...

LOUISE

"A 1 mois de partir en Tour du monde, je voudrais aller dans une piscine. Je voudrais avoir un trampoline, je me sens bien et contente. J’attends de partir en Tour du monde pour aller se balader dehors et boire de l’eau. Mais aussi pour que je m’amuse beaucoup avec mon bébé et mes jouets. J’amènerai tout ce que je veux comme jouets, j’amènerai dans mon sac mon petit sac licorne. Il me faut des robes, des jupes, des shorts, des jupes-shorts, une robe-jupe et c’est bon. C’est bien , comme un bisou-cœur. J’espère que ça va être trop bien.

On partira le midi, on ira prendre l’avion, après le bateau, le train et on arrivera à notre maison. On ira au Cambodge, Thailande, on verra des kangourous…"

ARTHUR

A 1 mois du départ je me sens pressé. Je voudrais profiter des moments présents qui s'offrent à moi avant, profiter de mes amis à l'école. J'ai hâte de partir mais quand même pas trop vite, je ne me sens pas encore assez prêt mais je sais qu’on y arrivera !

STEPHANIE

A un mois de partir en voyage, en tour du monde, voici où nous en sommes.

Les bagages sont prêts, il ne reste « plus qu’à » vérifier comment tout cela rentre dans nos sacs. Je suis optimiste, mais j’ai tout de même hâte de voir ça !

Après quelques nuits à m’imaginer le pire, le positif a repris le dessus, j’ai recommencé à me projeter dans les différentes destinations, en cherchant nos locations je me suis imaginée à nouveau sur la plage, près des temples, à courir après les enfants les yeux écarquillés et émerveillés de toutes ces aventures.

Je pense que le fait d’en reparler autour de nous, aux collègues lors du repas de Noel, à la famille lors des fêtes, m’a permis de me ré enthousiasmer. Mais surtout je retiens les réactions des gens. Elles sont le reflet de leur personnalité et de leurs propres priorités (qui ne sont pas toujours les miennes …). Cela va du « mais comment vous faites pour le travail ? » symbole de leur priorité, à qui je réponds sans aucun scrupule qu’il n’y en aura pas, tout simplement ! nous avons suffisamment (bien) travaillé et économisé pour passer 6 petits mois avec un salaire de temps partiel et le travail est tellement loin de la vraie vie, l’indispensable est bien ailleurs … Ces 6 mois seront une grand « ouf », une grande respiration au milieu de nos vies bien chargées.

Ca passe aussi par les « et l’école des enfants ? », de ceux qui me regardent en sachant très bien quel est mon métier et qui ne sont même pas étonnés de cette idée idiote : l’école ? mais ce sera l’école de la vie justement ! celle qui fonctionne le mieux ! celle que tout enseignant rêve de faire venir dans la classe. Nous irons vers le savoir, plutôt que de le faire venir à nous, ce sera fantastique, tellement constructif. Tant de gens avant nous, grands explorateurs, ont rêvé de découvrir le monde, sa diversité, ses différences, ses cultures, ses paysages, sa faune, sa flore … C’est bien que le monde a tout à nous apprendre ! C’est le but (entre autre) de ce voyage, apprendre autrement aux enfants, donner du sens à tout ce dont on leur parle à l’école ou tout ce dont ont leur parlera. Ce voyage prend dans ma tête de plus en plus la tournure d’un voyage initiatique. Initiatique dans le sens s’initier au monde qui nous entoure, apprendre de lui et des autres, ouvrir sa curiosité, poser les bases des petits êtres en devenir que sont les enfants.

Cela m’emmène à une autre remarque de quelqu’un qui se reconnaîtra forcément dans cette interrogation « vous allez revenir tellement changés », comme quelque chose d’inquiétant … Pourtant sans vouloir changer, nous voulons grandir par ce voyage, mûrir aussi. Nous changeons de toute façon durant toute la vie, les découvertes, les moments difficiles aussi nous font changer, nous en sortons plus forts, plus robustes, ce sera sans doute pareil après ce voyage et toutes les aventures qui nous y attendent. Nous allons apprendre à nous connaître aussi. Nous connaître chacun, ensemble …. Nous en revenons au côté initiatique finalement.

Une autre personne m’a dit aussi qu’elle n’avait vraiment compris qui était son mari que durant un moment difficile de sa vie. Cela sonnait négatif dans sa tête. De notre côté, nous avons déjà connu l’adversité et nous avons fait bloc, nous nous sommes soudés lors de ces difficultés. Dois-je donc en déduire que je connais déjà mon mari ? Certaines personnes s’inquiètent de « mais vous allez passer 6 mois tous les 5 tout le temps ?! tous les 2 tout le temps ?! vous n’arriverez jamais à tenir », mais bien sûr que nous allons passer 6 mois ensemble, et ce sera justement génial ! Se retrouver tous ensemble, tout le temps, oui, tout le temps … Le rêve ! Alors quand de telles inquiétudes extérieures arrivent, il faut prendre du recul et surtout ne pas oublier que chacun s’exprime avec ses propres peurs. Chacun ses inquiétudes, la mienne est plutôt de passer à côté de mes enfants et de mon mari sans vraiment les avoir connus, de passer toute une vie sous le même toit sans partager la vie, d’avoir une famille nombreuse et de se sentir seule. C’est pour moi LE moment d’être « avec », de découvrir mes enfants dans des situations qu’ils n’auraient pas vécues à la maison, de préparer un projet dont nous nous souviendrons longtemps avec mon mari, de vivre la promiscuité et l’organisation nécessaire qu’elle implique, de s’entendre ronfler, de s’énerver et d’en rire par la suite … et j’en passe tellement, je pense justement que ce sont toutes ces petites choses que je raconterai et qu’on se racontera en rentrant !

 

Bref, à un mois du départ, dans ma tête je suis fin prête. Je sais que j’arriverai à profiter de chaque lieu, que je découvrirai un nouveau rythme de vie, plus serein et que j’en aurai plein les yeux. Vivement le jour J !

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